Amiante : un défi environnemental et de santé publique relevé !

La transition énergétique est au cœur des missions du Parc naturel régional des Baronnies provençales. Le modèle des Centrales Villageoises y est désormais bien ancré : 4 sociétés citoyennes sont structurées et ont équipé une trentaine de toitures. Lors de la recherche de toitures, ces collectifs citoyens ont malheureusement dû abandonner l’idée d’équiper de belles et grandes toitures bien exposées. Le problème ? L’amiante. Forts de ce constat, les Centrales Villageoises et le Parc naturel régional se sont lancés dans une démarche expérimentale pour essayer de coupler désamiantage des toitures et remplacement par des panneaux photovoltaïques, la production d’électricité permettant de financer une partie des travaux.

Massivement utilisé dans la construction pour ses nombreuses propriétés, l’amiante s’est avéré bien plus tard être un matériau hautement toxique. Si les plaques qui couvrent les toitures ne représentent pas un danger immédiat, leur dégradation prochaine va nécessiter un remplacement obligatoire. En effet, on estime que ces plaques arriveront en fin de vie d’ici une dizaine d’années. Parallèlement, le développement des Centrales Villageoises continue. Plusieurs nouvelles installations devraient voir le jour encore cette année.

Le programme d’études, lancé fin 2019 avec le soutien financier de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a été piloté par un comité rassemblant les Centrales Villageoises locales, le Parc naturel régional, la Sous-Préfecture de Nyons, la DREAL, la Chambre d’Agriculture de la Drôme et le CEDER.

Les investigations se sont décomposées en 2 grands axes :

  • un axe juridique et réglementaire permettant de comprendre le cadre légal, d’identifier les obligations et les responsabilités de chacun, et d’imaginer des montages contractuels permettant aux Centrales Villageoises d’intervenir dans le désamiantage et la pose de panneaux photovoltaïques sur des bâtiments appartenant à des tiers.
  • un axe technico-économique qui s’est appuyé sur 8 toitures agricoles, commerciales ou artisanales : étude de la structure des bâtiments, possibilités techniques d’équipement de panneaux photovoltaïques, estimations financières.

Ces analyses ont permis aux Centrales Villageoises et au Parc de monter en compétence sur le sujet du désamiantage.  « Nous avons pris conscience de la complexité réglementaire liée au désamiantage », se rappelle Stéphane Gillet, président des Centrales Villageoises Sud Baronnies. « Mais, petit à petit, on a compris le processus. La gestion des déchets est évidemment très réglementée, avec une traçabilité des déchets dans leur processus de traitement et d’élimination. Pour simplifier les choses, nous avons fait le choix de travailler avec un acteur capable de s’occuper de tout le volet désamiantage, de la dépose des plaques jusqu’au traitement des déchets. »

La phase d’études terminée, les Centrales Villageoises vont maintenant entrer dans une phase de réalisation grandeur nature. Deux premiers bâtiments vont obtenir une nouvelle toiture pour se parer de panneaux photovoltaïques en 2023.

Le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, fort du travail réalisé dans les Baronnies provençales, a ouvert un appel à projets permettant de fournir une aide au désamiantage des toitures en cas de solarisation. L’aide, plafonnée à 250 000 € par bénéficiaire, permet de subventionner les coûts de désamiantage à hauteur de 50 % du coût, dans la limite de 40 €/m² de toiture désamiantée (50 €/m² en cas d’isolation de toiture).

À l’échelle du Parc, on estime que 1200 toitures sont amiantées dont 800 pourraient recevoir une installation photovoltaïque, soit un potentiel de 18 MWc. Couplé au fait que l’on puisse redonner une valeur à d’anciens bâtiments et soustraire ses propriétaires au risque sanitaire lié à l’amiante, la démarche mérite d’être reproduite par le plus grand nombre !

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