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Les Baronnies, tableau d'un territoire d'exception

Entre Vercors, Drôme, Mont Ventoux, préalpes et vallée de la Durance, les Baronnies forment un pays demeuré longtemps méconnu, car situé à l'écart des grands axes de circulation, longtemps retiré car pourvu d'un relief exagérément tortueux et labyrinthique. Ce massif calcaire d'altitude moyenne, vestige d'un ancien fond marin à la géologie originale et aux formes impressionnantes, s'est trouvé de tout temps aux confins et à la frontière d'influences multiples.

Influences climatiques en premier lieu. Traversées par la limite septentrionale de présence de l'olivier, cultivé ici depuis l'antiquité, les Baronnies sont authentiquement provençales, mais c'est une Provence montagnarde, une Provence en mosaïque, sans cesse atténuée ou affirmée en fonction de l'altitude et la latitude. Arpentez l'adret des montagnes, au sud, et vous traverserez des garrigues de thym, de lavande, des bosquets de chênes verts, des pelouses arides jadis parcourues par les troupeaux, des forêts de chênes blancs, de buis, de plus en plus gagnées par les pins. Basculez de l'autre côté, à l'ombre des ubacs, et ces pentes, exposées au nord, prendront aussitôt un caractère plus boréal, couvrant les chemins de la fraîcheur de hêtraies plus profondes. Pays calcaire fragmenté en tout sens, mais au sous-sol généreux gardant l'eau, les Baronnies n'ont pas la monotonie ni la sécheresse d'autres plateaux méridionaux. C'est un véritable puzzle paysager.

C'est aussi un pays qui a lentement construit son identité politique. Aujourd'hui à cheval entre les Départements de la Drôme et des Hautes-Alpes, les Baronnnies provençales ont été jadis disputées par le Comte de Provence et le Pape au sud et le Dauphin au nord. Mais, du fait de la rudesse de ses montagnes et de son climat, l'isolement relatif des Baronnies a aussi représenté une garantie pour la préservation de son autonomie. Forteresse naturelle hérissée de plusieurs dizaines de châteaux et de sites fortifiés, les Baronnies furent, au Moyen Age, la possession d'une famille élargie de "barons" indépendants ne répondant qu'à l'autorité directe de l'Empereur, et divisée en plusieurs branches, appelées du nom de leur fief, les “Mévouillon”, les “Montauban” ou les “Mison”.

Ouvertes sur les piémonts de l'Ouest et de l'Est, Nyonsais ou vallée du Buëch, les Baronnies bénéficiaient de contacts étroits et d'échange multiples avec l'extérieur. L'ancienneté d'un itinéraire, qui traversait le massif en reliant le Languedoc et le Comtat Venaissin à l'ouest à l'Italie à l'est par le col de Larche ou du Montgenèvre, atteste de cette ouverture vers l'extérieur. L'autonomie perdue des barons au début du XIVe siècle put réapparaître ponctuellement, notamment durant les guerres de religions du XVIe siècle, qui virent les Baronnies se transformer un temps en vaste bastion protestant.

Région de passage et d'habitation dès le néolithique, riche en nombreuses traces d'habitation et d'exploitation à l'âge du fer, ancien territoire des Voconces précocement romanisé, les Baronnies provençales furent aussi une région de rencontre entre les cultures. On retrouve son caractère méridional, entre autres, dans l'architecture rurale avec l'usage de la tuile canal, dans la culture des plantes aromatiques ou de l'olivier, mais on peut y déceler aussi des influences plus septentrionales et montagnardes dans le dialecte notamment.

Les Baronnies, n'ont jamais été un lieu totalement "désert". Territoire oublié par l'industrialisation du XIXe siècle, voué à à polyculture et à l'élevage, les Baronnies ont longtemps conservé les formes traditionnelles des sociétés rurales, rythmées, jusqu'au milieu du XXe siècle, par les travaux agricoles, les marchés, la vie des bourgs, si bien décrite par Barjavel, natif de Nyons.

Les évolutions de l'agriculture, récentes mais marquées, ont depuis quelques décennies modifié considérablement les paysages et les terroirs. La mécanisation a fait disparaître nombre de haies. Les antiques canaux ont été abandonnés ou remplacés par l'aspersion. Les terrasses en pierres sèches, sur les coteaux bien exposés et dévolus à la vigne ou à l'olivier, ont été abandonnées. La forêt, avançant sur des terrains parcourus par de trop rares troupeaux, la vie des hommes s'est repliée sur les fonds de vallée. Les terrains, jadis domestiqués y compris en altitude, s'enfrichent, conférant désormais à la région, dès qu'on quitte les fonds de vallées cultivéss, le caractère pittoresque d'une région sauvage.

Préserver, connaître, valoriser les patrimoines, une entrée par le paysage

Le Parc naturel régional des Baronnies provençales s'est proposé, avec les habitants et les élus du territoire, de mieux connaître, préserver et faire connaître la richesse de cette histoire de la terre et des hommes, qui façonne nos paysages d'aujourd'hui. C'est l'ambition des Parc naturels régionaux depuis l'origine. "Sauver" les campagnes de France, leurs traditions, leur économie, leur culture, leur paysage. Car c'est cela le paysage : non la seule nature sauvage, mais bien le spectacle d'un espace fruit des forces naturelles et du travail que les hommes ont imprimé à sa surface. Terrasses de cultures, champs, forêts, villages, routes et chemins : même si une nature seconde s'est développée sur ces structures, tout sort au départ de main d'homme, au prix d'efforts et grâce à des savoir-faires liés à des terroirs savamment entretenus, mais souvent en partie oubliés.

Tout s'inscrit dans le paysage. Aussi, le choix a été fait, dans l'organisation des missions du Parc, de faire du paysage une mission transversale aux autres thèmes, et en premier lieu, évidemment, aux patrimoines, notamment bâtis, qu'il serait vain de vouloir traiter isolément. Monuments, édifices, bâti, patrimoines ruraux non-protégés sont, la plupart du temps, indissociable de leur écrin paysager. Souvent dans le paysage rural, et particulièrement dans les Baronnies, les éléments patrimoniaux ne se réduisent pas au bâti, aux monuments, à l'architecture, il sont souvent intimement liés aux structures du paysage (murs en pierre sèche, terrasses, cabanons...). Dans celui-ci, le végétal et ses trames sous toutes leurs formes y tiennent une place prépondérante (tilleuls et fruitiers, haies, jardins), ils organisent le parcellaire, en symbiose avec la trame bâtie. Aussi, partout où le territoire nécessite un regard historique et architectural, l'approche va de pair avec une lecture attentive du paysage. À cet effet, depuis 2009, le Parc, alors en projet, s'est doté en interne d'un paysagiste Dplg. Dans la Charte de Parc comme dans le quotidien des différentes missions de l'équipe technique, la culture du paysage est partagée en transversalité.

Le Parc, un esprit participatif

Pour lier connaissance, préservation et valorisation, le Parc naturel régional des Baronnies provençales a voulu mettre en oeuvre une démarche qui fait de chacun, habitant ou visiteur, l'acteur de cet environnement, de ces patrimoines et de ces paysages. À chaque échelle, individuelle, collective, associative, communale, intercommunale... l'engagement est décisif. A fortiori dans un territoire vaste, aux patrimoines nombreux, disséminés et parfois méconnus. Les habitants et usagers peuvent détenir un savoir des lieux qui complète, parfois dépasse celui des scientifiques, des techniciens, des "spécialistes", utile à consulter et à recueillir. L'engagement personnel et collectif peut apporter l'énergie nécessaire et à la mesure de l'ampleur des tâches à accomplir. Ateliers et groupes de travail villageois, chantiers collectifs de restauration illustrent notamment ce rôle essentiel de la société civile.

Méthode, rigueur, attention au terrain

Néanmoins, l'aspect participatif ne saurait se faire au détriment d'une indispensable rigueur méthodologique et scientifique. Cette exigence constitue le "plus Parc", la valeur ajoutée aux projets locaux. Pour ce faire, le Parc, dès le diagnostic préalable à sa création, s'est entouré de compétences et de personnes ressources adaptées dans les différents domaines qui concernent ses patrimoines. Institutions, associations, membres de son Conseil Scientifique, (universitaires parmis lesquels : naturalistes, d'historiens, de géologues, d'agronomes, d'économistes, d'archéologues, d'astronomes...) mais aussi des compétences en interne de ses techniciens, pas seulement voués à des tâches administratives, mais recrutés pour leurs connaissances spécifiques et leurs savoir-faires. De même pour eux, assimiler de nouveaux savoirs utiles, arpenter et connaître chaque jour davantage le terrain, est une tâche essentielle.

Pour connaître, préserver et valoriser les paysages et les patrimoines des Baronnies provençales, des méthodes et des disciplines aussi variées que le sont leurs patrimoines doivent être convoquées de concert et "sur-mesure" autour de chaque lieu à enjeu, de chaque projet. Il y a toutefois des outils fondamentaux. En effet, afin que les projets s'inscrivent dans le caractère des lieux, l'étude historique des villages et des terroirs est incontournable. Qu'il s'agisse de confier la tâche à des prestataires extérieurs, ou d'études et de projets réalisés en interne, l'exploitation de sources documentaires et leurs méthodes d'analyse sont essentiels. La recherche et le dépouillement des bibliographies, d'archives, de sources iconographiques (cartes postales anciennes...), des cartes ou des photographies aériennes actuelles, passées, des cadastres aux différentes époques, joue un rôle essentiel pour lire et comprendre des traces dans le paysage souvent devenues muettes, remettre l'organisation des éléments patrimonieux dans leur contexte. À cela doit s'ajouter l'observation de terrain, l'immersion attentive, la prise de vue, la représentation de l'état actuel des éléments patrimoniaux et du paysage. Pour aider aux projets d'aménagement, la logique prospective, à travers la réalisation d'esquisses, de dessins, doit aider les acteurs locaux et les élus à visualiser les possibilités d'un lieu, à faire les meilleurs choix. Enfin, la sensibilisation du public passe par la réalisation et la diffusion de documents de conseils créés spécialement pour les acteurs du Parc, et par des actions sur le terrain (visites, conférences, expositions).

Des espaces patrimoniaux prioritaires au sein du Parc

Le territoire du Parc est vaste, et ne peut hélas faire l'objet d'une attention et d'un effort de préservation immédiats sur toute son étendue. Néanmoins, l'espace, du fait du relief, est très hétérogène, certains secteurs ayant vu se concentrer l'occupation humaine et ses ouvrages. Aussi peut-on identifier des espaces prioritaires, particulièrement riches en vestiges bâtis, en traces historiques. C'est le cas des fonds de vallée habités de longue date bien sûr, mais aussi de toutes les lieux de passage et d'articulation, stratégiques dans un relief si difficilement pénétrable (gorges, cols...). Afin de connaître, protéger et valoriser en priorité ces lieux concentrant les patrimoines des Baronnies, il a été défini, sur le plan de Parc accompagnent la Charte, des "espaces patrimoniaux et paysagers prioritaires", où l'action doit se focaliser pour les 12 prochaines années, horizon d'action de la 1ère Charte du Parc.

Les Baronnies : un livre de roche à ciel ouvert

Le visiteur sillonnant les Baronnies ne manquera certainement pas d'être assez vite frappé par l'étrangeté des formes de leur relief et l'omniprésence du minéral dans des configurations et des textures exagérément distordues. Comme les pages d'un livre de pierre qui aurait été malmené, tout ne paraît que plis et replis : ce motif récurrent surgit dès qu'on aborde le pays, comme une signature, une marque de fabrique, tantôt sinueux, tantôt singulièrement géométriques, millefeuilles renversés ou arrêtes filant vers le ciel. À la plus grande échelle, l'ensemble des montagnes quant à lui paraît en revanche des plus désordonnés, comme un amoncellement de grandes plaques de calcaire, à première vue dépourvue de toute logique, comme s'il s'agissait des pièces d'un énorme édifice qui aurait été cassé par des forces inhumaines, rendant l'orientation parfois compliquée dans ce dédale de roches. Parfois, des falaises s'alignent, des formes isolées se découpent : on se croirait dans une immense galerie de sculptures à ciel ouvert. Le dépaysement senti dans ces paysages peut être intense : sur les pentes arides, noires, grises ou bleues des marnes, dunes de roche souple, l'enfant, l'esprit fantasque ou le poète n'aura guère de peine à se croire fouler un sol lunaire ou martien, un autre pays, un autre monde.

La mer fossile

C'est en fait un autre temps qu'on arpente, le fossile d'un paysage disparu : un paysage autre, un paysage marin. Par leur contraste si fort avec l'apparence des paysages plus ordonnés qui la voisinent (la belle unité du plateau du Vercors, la simplicité massive du Ventoux, la douceur des collines de la Drôme, du Tricastin, les rondeurs du Luberon), les Baronnies constituent en fait ce que les géologues appellent une "discordance" : les roches qui apparaissent ici au grand jour non seulement ne se voient pas ailleurs, mais semblent avoir été modelées avec beaucoup plus d'énergie que dans d'autres contrées. Tout s'explique en fait par l'histoire géologique et la nature des roches en présence. À la fin du Jurassique (il y a environ 150 Millions d'années), un immense océan, appelé Téthys, recouvre une partie du globe et sépare des terres qui deviendront un jour l'Europe et l'Asie d'autres qui seront l'Afrique. Cet océan, aujourd'hui presque entièrement refermé, a donné naissance à la Méditerranée. La vallée du Rhône, les Alpes, n'existent pas. Un bras de l'océan de Téthys borde les côtes Est d'une grande île montagneuse correspondant au futur Massif central, et s'étend au sud d'une zone de haut-fonds qui sera un jour le Vercors, le Jura et plus loin l'Europe germanique. Ce vaste bassin, qui n'est pas une véritable fosse, est profond de plusieurs centaines de mètres (1000 m de profondeur environ au plus profond) et couvre ce qui aujourd'hui s'étend des Baronnies au Diois, les premières étant la zone la plus profonde. On l'appelle le Bassin Vocontien, (car il correspond à peu près au secteur géographique jadis habité par le peuple proto-romain des voconces installé dans la région dans l'antiquité). Il s'est formé au profit de failles dans le manteau terrestre ayant affaissé les sols plus anciens du Trias, notamment au pied de la zone correspondante au Ventoux.

Dans ces fonds marins, se déversent, s'accumulent et se sédimentent les dépôts descendus des terres émergées environnantes par l'érosion, ainsi que les matériaux d'origine organique du micro-plancton animal et végétal marin, du calcium notamment. Ces organismes – leurs traces ou leurs squelettes du moins- peuvent se voir aujourd'hui à l'état de fossile, allant du microscopique à l'ammonite tenant dans la main, jusque, parfois, au dinosaure marin (ichthyosaures). Le dépôt et la stratification durent plusieurs dizaines de millions d'années, accumulant, selon les lieux, de plusieurs centaines de mètres à plusieurs millier de mètres d'épaisseur. La région reste longtemps sous l'eau, tandis que les autres terres voient les dinosaures étendre leur règne. Dans le Bassin vocontien, deux types principaux de roches alternent en fonction des conditions climatiques. Ce sont les deux grands motifs encore visibles dans le paysage aujourd'hui : des calcaires, plutôt durs, et des marnes argileuses, souples, extrêmement plastiques. À la fin du Jurassique et au début du Crétacé (environ - 130 M d'années), une strate en particulier, le calcaire dit Tithonique, plus solide que les autres, se dépose et va constituer le squelette des Baronnies, la future charpente et le futur motif dominant de leurs paysages : c'est lui qu'on voit aujourd'hui dans nos gorges, ou sur nos sommets, taillé en falaises.

Ce jeu de marnes et de calcaire en place, particulièrement déformable, se voit une première fois plié lors des poussées tectoniques venues du sud, qui ont provoqué l'élévation des Pyrénées (anciennement dites "pyrénéo-provençales", environ – 50 M d'années). Elles soulèvent de vastes ondulations parallèles dans toute la Provence alors recouverte d'eau, d'orientation est-ouest, dont la ligne Mont-Ventoux / Montagne de Lure donne encore aujourd'hui le ton, et qui marquent les principales directions des montagnes des Baronnies. Toutefois, le résultat n'est pas le même dans les sols du bassin vocontien que dans les contrées voisines. Alors que dans celles-ci (futur Vaucluse, futur Vercors), moins profondes, les dépôts sont moins épais, et les hauts-fonds surtout ont vu des variétés de coraux développer des immenses couches de calcaires très solides (calcaires Urgoniens), très lourds, peu déformables, qui bloquent les couches sous-jacentes, dans le Bassin Vocontien lui, trop abyssal, les armures minérales des coralligènes ne se sont jamais formées. Les futures Baronnies voient alors leurs strates, souples et "libres" se plisser avec beaucoup plus d'intensité. Plus tard, lorsque l'océan se retire et que les terres émergent, les Baronnies deviennent un massif plus haut alors que le Vercors, mais dénué des sols plus récents qui recouvrent le reste de la Provence. L'érosion peut commencer son travail de démembrement des grands dômes de calcaire (les anticlinaux) devenu cassant à l'air libre et creuser les berceaux armés par la strate tithonique (les synclinaux). La situation serait trop simple si n'étaient encore intervenues par la suite les poussées continuent venues du nord-est, accompagnant l'élévation des Alpes, venant fracturer, déformer et compliquer considérablement les formes d'un relief déjà bien usé, brouillant les premières formes pour donner la situation qu'on peut voir à présent.

Les paysages géologiques comme patrimoines

On l'aura compris, la géologie marque et contribue à déterminer fondamentalement les Baronnies, expliquant aussi bien les formes de l'agriculture, de la culture et l'histoire qui furent les siennes. Dépaysante au plus haut point pour les visiteurs des plats-pays, et par-là atout touristique possible, cadre quotidien enchanteur pour les habitants, source parfois de risques, il est dans tous les cas évident que la géologie constitue un aspect fondamental du territoire et donc de préoccupation pour un Parc naturel régional.

Toutefois, la géologie, les sols, les montagnes, bien que présents partout sous nos pieds et autour de nous, ne sont pas homogènes, ni uniformément intéressants pour les scientifiques ou le public. Certains lieux sont des fenêtres sur des époques, des formes, inexistantes ou invisibles ailleurs, qui "parlent" plus que d'autres, possèdent en cela une valeur pour la recherche, pour l'enseignement, pour la pédagogie, une valeur "culturelle" en général, une valeur scientifique dans certains cas. À tel point que dans les Baronnies, ont été reconnus internationalement deux sites de référence mondiale servant d'étalons pour l'étude de deux périodes de transition ("stratotypes de limites") partout dans le monde : les strates verticales du Serre de l' ne, à La Charce (Drôme), site aujourd'hui accessible et aménagé à la visite, et les marnes du Mont Risou, à Saint André de Rosans (Hautes Alpes). Beaucoup d'autres lieux, quoique de valeur scientifique moindre, sont exemplaires, impressionnants ou uniques en France, et méritent à ce titre attention.

Outre des lieux de "lecture" de l'histoire de la terre, la géologie peut aussi receler et cacher des trésors : fossiles, minéraux ou formations atypiques rares (ammonites, septarias, oolithes de grès, à Saint André de Rosans, à Châteauneuf-de-Bordette et ailleurs sur le territoire). Ceux-ci, selon les cas, peuvent mériter d'être protégés, car bien que -pour certains- abondants dans le sous-sol, leurs zones d'affleurement, leurs fenêtres de visibilité à l'air libre sous le regard des hommes et... à porté de main aussi, peuvent être limitées, et dans le cas de dégradation ou de pillage, renvoyer à l'invisibilité totale ces richesses pour des milliers d'années à venir, priver nos contemporains comme nos descendants de leur spectacle, gêner le travail des scientifiques présents ou futurs.

Mais ce qui fait patrimoine, dans la géologie des Baronnies, à part certains types de "hauts-lieux" géologiques ou certains fossiles ou minéraux ponctuels, c'est aussi et même avant-tout l'ensemble : le tableau général d'un monde aquatique devenu solide, qui se laisse encore deviner. L'approche principale jugée pertinente par le Parc est donc celle des paysages géologiques : comment et où les arpenter pour en admirer les formes, comment les rendre "lisibles" et compréhensibles aux yeux de chacun.

Connaître, protéger, valoriser les paysages et les patrimoines géologiques avec le Parc

Élément important au sein de la Charte de Parc, la géologie a d'emblée et avant la création du Parc fait l'objet d'une première phase d'étude, de réflexion opérationnelle et de sensibilisation, avec :

  • La constitution d'un groupe de travail bénévole réunissant des scientifiques (géologues, géomorphologues, pédologues) mais aussi des spécialistes de l'éducation, du tourisme, des élus. Ce groupe, évolutif, se veut interdisciplinaire (muséographes, paysagistes, artistes...) et a pour vocation de réunir les connaissances et de faire un état des lieux des patrimoines géologiques dans le territoire du Parc, afin de déterminer la stratégie globale la plus adaptée pour leur protection et leur mise en valeur. L'enjeu principal est de rendre le territoire capable de faire de la géologie et de ses paysages un atout, de savoir comment et à quels publics donner à voir cette richesse. L'accent est donc mis sur les aspects de médiation avec le public, pour un thème réputé (à tort ?) difficile ou peu accessible.
  • La réalisation (en cours) d'un cahier stratégique de protection et de valorisation des paysages géologiques
  • Un pré-inventaire des patrimoines géologiques réalisé par un ingénieur géologue de l'Institut polytechnique Lassalle-Beauvais, stagiaire en 2013 au sein du futur Parc, visant non-seulement à réunir la bibliographie existante, mais à identifier et cartographier les sites à enjeu dans les Baronnies, et esquisser des possibles actions et circuits de visites
  • L'organisation de visites-conférences gratuites sur le terrain, ouvertes à tous, dans les sites à enjeu, portant sur des thèmes ou des époques spécifiques de l'histoire géologique, avec des scientifiques
  • L'aide à la publication, alors que le Parc n'était encore qu'en projet, du livre du géologue Christian Montenat, Baronnies provençales, des terrains, des paysages et des hommes, ouvrage de vulgarisation illustré et guide de visites autour de la géologie et des activités qui y sont liées, en vente en librairie et dans les offices de tourisme du territoire.

Dans la succession des crêtes et des sommets dans les bleus de l'horizon, par rapport aux immensités des plateaux soustraits au regard quotidien depuis les fonds de vallées, dans le dédale des vallons, des gorges et des plis des Baronnies, ou tout simplement par différence avec le paisible paysage de campagne provençale bordant les villages, certains lieux, certains passages, certains reliefs, certaines formes ou édifices se font remarquer, découpent des silhouettes pittoresques, impressionnent par leur stature, leur puissance, leur situation. D'une manière ou d'une autre, ce sont des "monuments" : naturels ou humains, minéraux, végétaux, ou construits, ils incarnent de manière visible la mémoire des lieux, ils frappent les sens et restent en mémoire du visiteur.

Le paysage n'est donc pas homogène, certains de ses patrimoines sont remarquables plus que d'autres, que ce soit par leur valeur historique ou scientifique particulière, la place qu'ils tiennent dans la culture locale ou dans les points de vues sur le paysage, le rôle de "vitrine" qu'ils peuvent tenir, concentrant et résumant le caractère du territoire tout entier.

Ces "hauts-lieux", qui méritent une attention particulière en matière de connaissance, de préservation ou de reconnaissance scientifique, culturelle et touristique, ne sont en général pas disséminés au hasard. Des logiques géographiques, inhérentes aux formes du territoire, ou historique, contrôlent et expliquent leur répartition dans le territoire. Ces fils conducteurs peuvent être des axes naturels (failles géologiques, gorges, rivières, anciens chemins, voies de transhumance), des critères religieux ou politiques hérités du passé, des logiques agraires ou pastorales (successions et réseaux d'édifices religieux, de châteaux, zones de pâtures, microclimats ou sols favorables à certaines cultures...). Souvent, tous ces critères s'entrelacent et concourent à réunir en des lieux précis des éléments singuliers.

Parmis ces fils conducteurs, les routes et anciens tracés de voyage sont un élément important dans les Baronnies, pays cloisonné où se déplacer a toujours été "toute une histoire". Deux axes notamment voient s'enchaîner et mettent en scène des chaînes de lieux et d'édifices remarquables. De Nyons à Serres, l'ancienne route de l'Espagne à l'Italie, ouverte au XIXe siècle à grands effort sur les traces de l'ancienne voie romaine et des chemins médiévaux, traversant de part en part la moitié nord des Baronnies, permet, de l'ouest à l'est, de remonter les temps géologiques, en parcourant une alternance de cluses, de gorges (celles de l'Eygues notamment), de vastes bassins (Rosanais), rythmés par des villages, nichés ou perchés, les ruines de donjons, de monastères. Dans la partie sud des Baronnies, de Buis à Eyguians, l'ancienne "route des Princes d'Orange" permet de passer du bassin versant de l'Ouvèze à celui du Buëch, par la succession de hautes vallées, le long de routes plantées de tilleuls. Au coeur du parcours, le visiteur marquant la pause au col de Perty peut découvrir un des plus beaux panoramas des Alpes du sud, embrassant d'un regard l'horizon du Mont Ventoux jusqu'au Dévoluy et aux Écrins.

Les paysages de gorges

Les lieux de passage naturels et les voies historiques constituant logiquement des lieux privilégiés pour arpenter et voir le territoire, ainsi que concentrant sur des espaces très réduits et des panoramas saisissant tout un pannel de patrimoines naturels sauvages ou historiques, le Parc, même encore seulement en projet, a donné la priorité à la connaissance et la valorisation des paysages si pittoresque que sont les gorges et leurs routes, bordées de falaises, entaillées dans la vigoureuse carapace de calcaire tithonique caractéristique des Baronnies. Deux des plus grandes et plus riches de ses gorges ont fait l'objet d'un premier programme d'étude et d'action : les gorges de l'Eygues à l'ouest dans la Drôme, entre Sahune et Saint May, et les gorges de la Méouge à l'est, dans les Hautes Alpes, entre Châteauneuf-de-Chabre et Barret-sur-Méouge. L'étude de la toponymie et de l'occupation ancienne des lieux par un historien, l'étude par un paysagiste recensant les édifices et points de vues, ainsi que les impacts des aménagements routiers modernes, un séminaire de spécialistes des cultures en terrasse, des premiers réaménagements patrimoniaux dans la Méouge, un projet d'association pour la reprise de la culture de l'olivier dans les gorges de l'Eygues, ont ainsi déjà été menés.

Etude "Gorges" d'Alain Freytet (60Mo)

Des sites et des monuments remarquables

Riches en patrimoines du quotidien, souvent attachés à l'activité agricole ou à l'histoire médiévale du territoire, les Baronnies provençales ont aussi des sites et des monuments remarquables reconnus au titre des monuments historiques (40 bâtiments sont inscrits ou classés) ou des sites (12 sites sont actuellement inscrits). D'autres, tout en n'étant pas protégés, méritent aussi l'attention.

Conscient de l'importance de ces patrimoines remarquables, le Pnr des Baronnies Provençales a proposé, dans sa charte, un schéma de préservation et de valorisation des patrimoines bâtis, autour de deux orientations majeures et de sites emblématiques.

Le poids de l'histoire médiévale et du perchement de l'habitat dans ce territoire de montagne a abouti à la reconnaissance d'un certain nombre de sites perchés remarquables, comme le château de Cornillon-sur-l'Oule (Drôme), le château et le vieux village d'Arzeliers à Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes), le vieux village de Béconne à la Roche-Saint-Secret-Béconne (Drôme), l'église et le vieux village de St-Cyrice à Etoile-Saint-Cyrice (Hautes-Alpes), la château de La Roche-sur-le-Buis (Drôme).

D'autres sites, compte tenu de la densité des patrimoines remarquables qu'on y trouve, ont été reconnus comme “sites à fort caractère patrimonial”. Il s'agit notamment de villes et bourgs anciens, comme les vieilles villes de Serres et d'Orpierre dans les Hautes-Alpes, ou de Nyons, de Buis-les-Baronnies, de Taulignan ou du village de Saint-Euphémie-sur-Ouvèze dans la Drôme. D'autres ont également été reconnus au regard de leur intérêt archéologique, comme le site de la Bâtie-Montsaléon (Hautes-Alpes, vestiges de Mons Seleucus, agglomération gallo-romaine à vocation religieuse) ou celui de l'abbaye de Clausonne au Saix (Hautes-Alpes).

Pour chacun de ces sites, le Pnr s'engage, pendant la durée de la charte, à accompagner les propriétaires, généralement publics, ou les associations chargées de leur animation, dans des actions destinées à mieux connaître, préserver, animer et valoriser ces patrimoines.

En 2014-2015, à Clausonne (commune du Saix), le Pnr anime, en lien avec l'association des Amis de l'abbaye de Clausonne et la commune du Saix, un “atelier villageois” destiné élaborer un schéma d'interprétation à l'échelle du site de l'ancienne commune de Clausonne et que quartier de la ferme du Faï et d'y programmer les aménagements nécessaires. Dans ce care, le Pnr approte ses compétences dans les domaines de l'histoire des terroirs et de la compréhension du paysage.

En 2014, à Arzeliers, le Pnr a financé, en lien avec la commune de Laragne-Montéglin, propriétaire du site et la DRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur, une étude architecturale et archéologique qui permet désormais de disposer d'un plan topographique de l'ensemble du site, des relevés pierre à pierre des murs de l'ancienne chapelle et une étude concernant les enjeux archéologiques du site.

Si certains "hauts-lieux" sont particulièrement remarquables, il n'en reste pas moins que le paysage quotidien, le décor de l'habitation ou du travail de tous les jours, constitue dans les Baronnies un cadre de vie de haute qualité, au caractère historique omniprésent et assez bien préservé. Dans la trame dense des villages, les formes urbaines héritées du passé contribuent beaucoup au caractère, aux usages, à l'agrément de la vie même dans pratiques les plus contemporaines. Les villages sont le résultat de l'histoire, loin d'être localisés au hasard, ils se sont souvent agrégés autour d'édifices particuliers (châteaux, églises), ont évolué au gré des besoins mais longtemps dans les limites de la topographie, dans celles de la gangue bâtie de leurs remparts, à la croisée des chemins qui structurent leur ancien terroir, au coeur duquel le village ne saurait être compris sans lui.

Les Baronnies sont un territoire qui a toujours été densément occupé depuis la préhistoire, mais c'est la féodalité en particulier qui a profondément marqué ses villages, ses bourgs et ses villes. Les familles qui dominent alors la région, les Mévouillon, les Montauban et leurs alliés, organisent un réseau cohérent de châteaux et de villages fortifiés. Elles unifient ce territoire qui garde encore la mémoire de ces seigneurs, élevés au rang de barons. Il résulte de cette histoire féodale et militaire un héritage patrimonial qui contribue à l'identité des Baronnies provençales : le moindre village conserve les restes de son château, d'une église romane, de fortifications, mais aussi de patrimoines qui montrent le patient travail, au cours des siècles, de ses habitants pour valoriser, dans sa totalité, un terroir de moyennes montagnes sèches. Terrasses, cabanons, bergeries d'altitudes permettent de constater que ce territoire a été constamment valorisé, depuis les vallées jusqu'aux pâturages d'altitude.

Aujourd'hui, depuis quelques décennies, avec la mutation voir la fin de la société rurale, avec l'avènement d'autres logiques économiques, de celle fondé sur les déplacements en voiture, avec la standardisation de l'habitat, les lieux de vie ont, ou commencent pour certains, à changer de visage. Les structures anciennes se dispersent, l'urbanisation moderne vient parfois se poser en totale contradiction avec les logiques d'implantation héritées de l'histoire, au risque de nuire au caractère du pays, pourtant si précieux aux yeux des habitants et pour l'activité touristique.

Face aux mutations des villages et de l'urbanisme, le Parc a choisi d'accompagner élus et habitants pour leur permettre de disposer d'outils et de connaissances susceptibles d'innover tout en respectant le caractère du territoire.

La mise en place d'un inventaire des patrimoines culturels

Conscient de l'importance de mieux connaître des patrimoines souvent modestes, et pour cela négligés, le Parc naturel régional des Baronnies provençales a entériné le principe de mettre en place sur des secteurs à enjeux du territoire, les “espaces patrimoniaux et paysagers à préserver et à valoriser”, un inventaire des patrimoines culturels.
Cet inventaire, qui s'inspire les méthodes élaborés au sein de l'inventaire général du patrimoine culturel en référence aux recommandations du Conseil de l'Europe, doit être mis en oeuvre par un professionnel, attaché au Pnr, qui veillera aussi à associer les habitants des communes étudiées et à diffuser les informations collectées.
Des inventaires thématiques sont également prévus, notamment autour des patrimoines liés à l'eau (moulins, canaux, digues, etc.).

Préserver les patrimoines liés aux activités humaines

Conscient de l'importance des patrimoines associés à la valorisation agricole du territoire, le Pnr se propose de travailler avec les communes, les associations locales de préservation des patrimoines sur la préservation de patrimoines emblématiques des activités humaines, à commencer par l'agriculture. Dans ce territoire de montagne, les hommes n'ont eu de cesse d'aménager les pentes pour y retenir la terre ou y amener l'eau. Aujourd'hui, ces aménagements sont particulièrement intéressants pour protéger les terres des phénomènes de ravinement liés aux épisodes météorologiques extrêmes.

Châteauneuf-de-Bordette

Entre 2012 et 2015, le Pnr a accompagné l'organisation de stages de reconstruction de murs en pierres sèches, ouverts aux habitants des Baronnies provençales, en lien avec la commune et le Conservatoire des Espaces Naturels Rhône-Alpes.

Villeperdrix

Le Pnr a engagé des actions de sensibilisation aux patrimoines de la pierre sèche, en lien avec le Parc national des Ecrins et le Parc naturel régional du Queyras, dans la perspective de reconquérir d'anciennes terrasses à oliviers.
Fiche réalisée en commun

Barret-de-Lioure

En lien avec l'Office National des Forêts, le projet de sauvegarde et la restauration d'une bergerie d'altitude, en pierres sèches, a conduit a financer une première étude architecturale du bâtiment et à engager un recensement de bâtisses comparables dans les environs et à proposer des pistes de valorisation d'un bâtiment restauré.
Etude réalisée par l'APARE

Accompagner les communes et les communautés de communes dans leurs projets patrimoniaux et leurs documents d'urbanismes

L'acquisition et la mobilisation de connaissances en matière historique et paysagère est directement articulée à l'accompagnement des communes et des communautés de communes pour conduire leurs projets.

Apportant aide à la décision, au dialogue avec les services de l'État, notamment avec les services des Monuments historiques, pouvant aider à la constitution des cahiers des charges, ou apporter des éléments d'analyse complémentaires, le Parc intervient peut apporter une assistance variée aux collectivités. Il intervient par exemple déjà à l'occasion de l'élaboration d'”Aires de Valorisation de l'Architecture et du patrimoine” (AVAP) pour les communes de Montbrun-les-Bains, Serres ou Rochebrune.

Connaissances et conseils peuvent également appuyer les communes ou communautés de communes qui mènent une procédure d'élaboration ou de révision des documents d'urbanisme (cartes communales, Plan local d'urbanisme), afin d'apporter en amont une garantie de plus vers la création de vrais documents d'urbanismes patrimoniaux, d'anticiper au mieux l'examen des dossiers par les services compétents.

Le Parc par ailleurs est personne publique associée dans l'élaboration des documents d'urbanisme. Il doit rendre un avis sur les documents en fin d'élaboration dans le cadre d'une procédure de "porter à connaissance". Il est toutefois plus constructif pour la qualité des documents, dans la mesure du possible, d'échanger longtemps en amont sur les projets.

Signalétique

La réglementation nationale sur l'affichage publicitaire, commercial, artisannal et touristique se trouvant automatiquement renforcée dans le territoire des communes adhérentes à un Parc naturel régional, les enseignes et préenseignes se doivent notamment d'être compatibles avec les principes de la Charte du Parc de façon à préserver le caractère patrimonial et paysager des lieux. La validation des demandes d'autorisation d'implantation de panneaux et le pouvoir de police à cet égard restent toutefois, comme partout en France, le fait de la commune en l'espèce de son Maire. Pour aider les collectivités et les acteurs économiques à mettre dans la légalité leur affichage et leur mobilier, et pour atteindre l'optimum d'intégration patrimoniale des panneaux souhaitable dans un Parc naturel régional, le Parc peut conseiller les collectivités ou acteurs privés, soit à travers une Charte de bonnes pratiques sur l'affichage, soit au cas par cas.

Conscient de l'intérêt de mieux connaître les usages et les pratiques passées et présentes atatchées à la valorisation et à l'occupation du territoire, le Pnr a également choisi d'accompagner des programmes d'enquêtes, fédératives et participatives, destinées à mieux connaître et faire connaître les patrimoines immatériels du territoire.

Il en est ainsi des noms de lieux. Leur étude et la compréhension de leur histoire permet de mieux connaître l'organisation des terroirs depuis le haut Moyen Age, les formes de valorisations agricoles, de repérer les traces anciennes d'habitat ou de discerner les variations locales de la langue d'oc. Depuis 2011, le Pnr s'est engagé dans un travail de collecte de toponymes, géoréférencés,, à partir de l'exploitation du cadastre napoléonien, des anciens cadastres, de la collecte de mémoires orales, en partenariat avec des chercheurs bénévoles. Cette collecte a également donné lieu à des restitutions partielles de travaux et d'études.

Télécharger le livret Toponymie (2012)

Le Pnr a également accompagné la collecte et la numérisation de photographies menées par l'association “Mémoire de la Drôme” dans le canton de Rémuzat et à Buis-les-Baronnies. Les images issues de ces collectes sont consultables sur le site de mémoire de la Drôme : www.memoire-drome.com. Le Pnr a également accompagné l'édition d'un ouvrage présentant certaines de ces images et des témoignages collectés dans le canton de Rémuzat sur la vie quotidienne de l'entre-deux-guerres jusqu'aux années 1970.

D'autres actions ont été initiées pour mieux connaître l'histoire de cultures emblématiques du territoire. Associé à un projet de collecte et de valorisation des “savoirs écologiques paysans”, un travail d'enquête historique a été menée, en partenariat avec le SIVU des Pays du Buech d'hier et d'aujourd'hui, sur l'histoire de l'arboriculture dans les Baronnies depuis le XVIe siècle. De même, le Pnr prépare une exposition sur l'histoire du pastoralisme hier et aujourd'hui, dans les Baronnies. En partenariat avec le Centre Botanique National Alpin, une série de travaux, relevant de la botanique, de l'histoire, de l'ethnobotanique et de l'étude des paysages, ont été entamés sur le tilleul.

Alliant l'action culturelle et la sensibilisation aux paysages, le Pnr organise, dans plusieurs villages, en 2014 et 2015 une résidence de photographes, pratiquant le sténopé et destinée à produire avec les habitants de nouvelles images des paysages des Baronnies, plus étranges et plus familières à la fois.

Contenu en cours d'élaboration.

Alexandre VERNIN
Chargé de mission Patrimoines culturels et culture

Charles RONZANI
Chargé de mission Paysage

Par téléphone / Fax

Téléphone : 04 75 26 79 05

Fax : 04 75 26 79 09

Par eMail

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