Les Baronnies sont un territoire à l’histoire originale, dont le relief a conditionné l’occupation et la valorisation des terroirs. Chaque époque a redéfini les relations entre le cœur du massif, profondément rural, et les vallées ou les plaines contigües où se développent les villes. Depuis la période du chasséen (- 4800 av. JC), il a toujours été densément occupé, mais la féodalité l’a profondément marqué.
Les familles qui dominent alors la région, les Mévouillon, les Montauban et leurs alliés, organisent un réseau cohérent de châteaux et de villages fortifiés. Elles unifient ce territoire qui garde encore la mémoire de ces seigneurs, élevés au rang de barons. Intégrées au Dauphiné puis à la France en 1349, les Baronnies connaissent les crises de la fin du Moyen Age, le renouveau du XVIe siècle, mais aussi les guerres de religion au cours desquelles elles deviennent un bastion protestant.
Après la croissance de la première moitié du XIXe siècle, entamée dès le début du XVIe siècle, les conflits mondiaux, les crises économiques et l’enclavement contribuent à un vaste mouvement de désertification encore lisible dans les années 1970.
Il résulte de cette histoire féodale et militaire un héritage patrimonial qui contribue à l’identité des Baronnies Provençales : le moindre village conserve les restes de son château, d’une église romane, de fortifications, mais aussi de patrimoines qui montrent le patient travail, au cours des siècles, de ses habitants pour valoriser, dans sa totalité, un terroir de moyennes montagnes sèches. Terrasses, cabanons, bergeries d’altitudes permettent de constater que ce territoire a été constamment valorisé, depuis les vallées jusqu’aux pâturages d’altitude.
A l’intérieur du périmètre du projet de Pnr, quarante monuments sont protégés au titre des Monuments Historiques et 12 sites sont inscrits.
La vie culturelle dans les Baronnies y est dynamique malgré les difficultés que rencontre tout acteur culturel en milieu rural. Théâtre, écoles de musique, cinéma, bibliothèques et manifestations autour du livre, pratiques de la danse, arts plastiques, chanson française et musiques actuelles, tous les secteurs de la création artistique contemporaine y sont représentés.
La culture et la langue occitanes y sont encore vivaces. La région des Baronnies relève, à l’exception de Ferrassières qui appartient à l’aire provençale, du « vivaro-alpin ». On observe toutefois d’ouest en est une palatalisation progressive qui est une marque du franco-provençal. Ainsi la ligne Verclause/Lemps/Séderon (qui recouvre grossièrement les limites départementales) délimite deux sous-zones. A l’est de celle-ci, on peut observer le maintien des consonnes finales à l’instar de la prononciation latine, alors qu’à l’ouest cette palatalisation s’atténue et se rapproche, de ce point de vue, du provençal. La toponymie permet de rendre compte de cet héritage qui reste encore lisibles dans les noms de lieux.
Plus d’une dizaine de musées ou d’éco-musées, publics ou privés, permettent de découvrir les aspects de la vie rurale des Baronnies, mais aussi son histoire et ses patrimoines archéologiques.



























