grand voyage que réalisent les vautours percnoptères jusqu’en Afrique de l’Ouest au moment de leur départ en migration. L’hiver touche à sa fin, et déjà, les premiers vautours percnoptères reviennent de leurs quartiers d’hiver jusqu’en Europe pour se reproduire. Le premier individu de l’année a d’ailleurs été observé dans le ciel du Parc ce dimanche 08 mars. On profite de cette arrivée qui rime avec le retour du printemps pour vous parler des vautours percnoptères des Baronnies provençales." />

Les vautours percnoptères des Baronnies provençales

16 MAR. 2020 Afficher/Masquer la photo


En octobre dernier, on vous parlait du grand voyage que réalisent les vautours percnoptères jusqu’en Afrique de l’Ouest au moment de leur départ en migration. L’hiver touche à sa fin, et déjà, les premiers vautours percnoptères reviennent de leurs quartiers d’hiver jusqu’en Europe pour se reproduire. Le premier individu de l’année a d’ailleurs été observé dans le ciel du Parc ce dimanche 08 mars. On profite de cette arrivée qui rime avec le retour du printemps pour vous parler des vautours percnoptères des Baronnies provençales.

Les oiseaux des Baronnies provençales

Les Baronnies provençales sont fréquentées par un unique couple formé de vautour percnoptère. Les deux oiseaux sont bien connus et suivis par l’association Vautours en Baronnies qui, dans un rayon de 20km environ autour de la commune de Saint-May, collecte les bêtes issues de la mortalité naturelle des éleveurs pour les mettre à disposition des vautours. L’aire d’équarrissage naturel étant équipée d’un piège photo, les vautours percnoptères sont vite identifiés lorsqu’ils s’y rendent.
Ce couple est constitué d’un individu mâle, bagué 0R, né en 2013 en Aveyron et d’une femelle, non baguée, dont le lieu de naissance est inconnu. Le couple s’est formé dans les Baronnies provençales en 2017, à la fin du printemps, malheureusement trop tard pour se reproduire cette année-là. Mais depuis, ils ne se sont plus quittés et se retrouvent chaque année à leur retour de migration.

Une année 2018 compliquée mais porteuse d’espoir

En 2018, ils sont revenus d’Afrique avec les premiers jours du printemps. Les oiseaux ont été signalés pour la première fois le 28 mars 2018. Après moins d’un mois sur place, le couple a choisi une cavité favorable dans les Gorges de l’Eygues où la femelle a pondu un œuf, autour du 25 avril. L’œuf a éclos le 07 juin 2018, ce qui est une date assez tardive. C’est le premier poussin de vautour percnoptère né dans les Baronnies provençales depuis 2016. Ce jeune percnoptère a été bagué à l’aire de nidification le 14 juillet. Il porte une bague 5T à la patte gauche. Cet oiseau a réalisé son premier envol le 3 juillet 2018, ce qui n’était pas arrivé depuis 3 ans dans les Baronnies provençales.

Seulement, les choses se sont compliquées par la suite. Bien qu’il n’existe aucune certitude, il semblerait que ses parents soient partis en migration sans qu’il soit totalement volant. Il a pris seul la voie des airs le 07 septembre 2018 et a commencé son long voyage, direction plein sud. Le 13 septembre, l’oiseau est récupéré, affaibli sur la commune de Sarrians, dans le Vaucluse, et transporté au centre de soins pour la faune sauvage de Buoux. Après plusieurs examens, le diagnostic fait état de plaies traversantes, dont l’origine est encore aujourd’hui inconnue. Impossible de savoir ce qui s’est passé, mais l’absence de plomb dans l’oiseau semble écarter l’hypothèse d’un tir illégal. Le jeune oiseau restera donc convalescent au centre de soins pendant tout l’hiver.

Le 1er avril 2019, 5T est relâché dans les Baronnies provençales, cette fois-ci équipé d’une balise GPS. Son comportement durant tout le printemps est remarquable : rétabli, désormais dans sa deuxième année, l’oiseau va parcourir tous les sites de nidification connus pour le vautour percnoptère dans le Sud de la France : Vercors, Alpilles, Luberon, Verdon… Puis il va prendre la route des Grands Causses et poursuivre son exploration jusqu’en Espagne. Mais son périple va connaître une fin malheureuse car il est retrouvé blessé en Catalogne, et amené de nouveau en centre de soins. Le diagnostic fait état d’une grosse collision, probablement avec une ligne électrique. Les conclusions sont qu’il ne sera malheureusement plus adapté à la vie sauvage. Souhaitons-lui tout de même une existence agréable en centre de soins.

De bonnes nouvelles en 2019

Le couple formé est revenu de migration au printemps 2019 pour s’installer à nouveau dans les Baronnies provençales. 0R et sa femelle ont occupé la même cavité et se sont accouplés le 8 avril 2019. Le poussin né de cette union a été bagué le 06 juillet 2019. La bague 6T lui a été attribuée. 6T et ses parents ont fréquenté le ciel des Baronnies tout l’été et les trois oiseaux ont entamé leur migration dès le tout début du mois de septembre 2019.

Il est à noter qu’en plus de ce couple, les Baronnies provençales reçoivent régulièrement la visite d’autres vautours percnoptères. On notera un individu né dans le Luberon en 2013, qui a déjà été observé deux années de suite, ainsi qu’un individu des Pyrénées audoises, né également en 2013. Au total, jusqu’à 7 vautours percnoptères identifiés avec certitude fréquentent les Baronnies provençales.

Et maintenant ?

Vénéré en Égypte ancienne pour son ingéniosité, le vautour percnoptère fait aujourd’hui face à de graves menaces qui justifient pleinement son statut d’espèce protégée au niveau national et européen. Entre autres, sur sa route migratoire longue de 5 000 km, les cas d’empoisonnement (souvent indirects), d’électrocution ou de collision sur des lignes électriques ou de braconnage sont courants. La conséquence a été une chute spectaculaire des effectifs d’environ 50% au cours des 40 dernières années. On estime qu’à l’échelle mondiale, seul 1 poussin sur 7 atteint l’âge adulte. Pour une espèce longévive, qui peut vivre plus de 30 ans, chaque oiseau tué accidentellement a un impact lourd sur l’ensemble de l’espèce.

Afin d’améliorer l’état de conservation de cette espèce, le Parc s’est engagé dans un initiative à l’échelle de plusieurs parcs naturels régionaux de la région PACA : Alpilles, Luberon, Mont Ventoux, Verdon. A l’échelle de ces territoires, les parcs engagés développent l’aménagement de placettes d’équarrissage individuelles chez les éleveurs qui en font la demande. Un financement de l’Office Français de la Biodiversité permet, entre autres, une prise en charge partielle des coûts liés à ces aménagements, ainsi qu’un renforcement des suivis réalisés pour mieux connaître le vautour percnoptère et anticiper d’éventuels nuisances ou impacts.

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