L'olive, star de l'hiver

25 NOV. 2019 Afficher/Masquer la photo


Petite histoire de l’Appellation d'Origine Protégée.

L’olivier de Nyons et des Baronnies provençales, un patrimoine

L’oliveraie de Nyons est un des joyaux du Parc naturel régional des Baronnies provençales. Le climat, sous influence méditerranéenne, en fait la limite septentrionale de la culture de l’olivier puisqu’il expose le verger aux aléas climatiques. Le verger des Baronnies Provençales représente 7% des plantations de l’hexagone, avec près de 260 000 oliviers répartis autour de deux grands pôles : le nyonsais (la vallée de l’Eygues) et Buis-les-Baronnies (la vallée de l’Ouvèze).

L’implantation des oliviers dans les Baronnies provençales remonte à plus de 2 000 ans. Et dès le Moyen Age, une part importante de l’économie locale de la région s’appuie sur le commerce de l’huile d’olive. L’oliveraie des Baronnies provençales est constituée quasi exclusivement de la Tanche, seule variété qui a su résister aux gels successifs survenus au fil du temps. Néanmoins, les deux grands gels de 1929 et 1956 ont provoqué la perte de la moitié des oliviers et la fermeture de nombreux moulins. Ces phénomènes climatiques ajoutés aux mutations du monde agricole et la spécialisation des exploitations ont conduit les agricultueurs à se tourner vers des cultures plus rapidement rentables comme la vigne ou l’abricotier, relayant l’olivier de culture principale à celle d’appoint.

L’oliveraie des Baronnies provençales est située au Nord du Mont Ventoux. La présence du «Géant de Provence» entre la mer et la zone d’appellation limite les fortes pluies venant du sud. Les chaines de collines isssues du plissement alpin s’élèvent de 1 000 mètres à 1 300 mètres d’altitude et forment barrière au Mistral, vent dominant très fort et très froid qui souffle en vallée du Rhône. L’effet cumulé du Mont Ventoux au sud, et du Mistral qui chasse les nuages rend l’air sur l’appellation très sec ce qui déshydrate l’Olive de Nyons qui devient finement ridée et moins amère qu’une olive lisse et gorgée d’eau.

L’AOP, la reconnaissance

Malgré ces difficultés, le fort ancrage de l’olivier dans la culture locale a permis le maintien de sa culture dans les Baronnies provençales. Une des preuves de l’attachement de la population à cet arbre emblématique est sans nul doute la démarche initiée dès 1957 par le Syndicat Interprofessionnel de l’Olive de Nyons et des Baronnies. Afin de relancer l’activité oléicole et faire reconnaitre l’Olive de Nyons comme la meilleure olive noire de France, le Syndicat engage dès les années 1960 une série de démarches auprès des ministères pour l’obtention d’une Appellation d’Origine (AO). Face aux multiples obstacles, l’opiniâtreté des producteurs des Baronnies sera finalement récompensée en 1968, avec l’obtention de l’AO « olive noire et huile d’olive de Nyons », puis en 1994, avec l’obtention de l’Appellation d’Origine Contrôlée (Appellation d’Origine Protégée au niveau européen), consécration suprême jusqu’alors décernée uniquement à des produits viticoles

La Tanche des Baronnies provençales a ainsi été pendant de nombreuses années la seule variété de France et d’Europe à pouvoir revendiquer une AOC. Celle-ci couvre 53 communes (35 du sud du département de la Drôme et 18 du nord du département du Vaucluse). Vingt ans après, l’AOC permet toujours de préserver et reconnaitre un savoir-faire authentique, qui confère à l’Olive noire et l’huile d’Olive de Nyons un goût unique et prisé.

Partager l'information...