Audrey Latard, le vin a de la rondeur

17 OCT. 2019 Afficher/Masquer la photo


Elles œuvrent au jour le jour pour faire vivre les Baronnies provençales par leurs projets responsables, solidaires, innovants, créatifs. Quel que soit leur métier, ce sont avant tout des femmes qui ont fait le choix de la ruralité. À l’occasion d’une semaine spéciale autour de la Journée internationale de la femme rurale, le Parc choisit de mettre en valeur, à travers une série de portraits, celles qui portent les valeurs essentielles qui font, aussi, la richesse et la beauté du Parc.

Audrey Latard, vigneronne à Vinsobres, a le regard bien tourné vers l’avenir. À une semaine de l’accouchement, Audrey sait qu’à ce jour la question de la ruralité se joue surtout dans cet évènement familial. Une grossesse à la campagne reste un défi. Heureusement, elle vient tout juste de finir les vendanges, une période d’inquiétude qu’elle aurait pu difficilement assumer avec un nourrisson dans les bras.

Même si cette année elle n’a pu conduire le tracteur et vendanger elle-même, elle a su garder la main sur le domaine même dans les moments les plus éprouvants. À Vinsobres, plusieurs femmes sont à la tête de domaines. S’il ne fallait pas manquer d’audace il y a cinquante ans, pour monter sa cave particulière, Audrey Latard ne prétend pas devoir faire ses preuves pour y arriver aujourd’hui. Les mentalités avancent, malgré les tâches qui restent nombreuses et à assumer quel que soit le contexte. Avec une grande sérénité, Audrey se prépare à vivre une fin d’année entre biberons et salons des vins.

Cette fille et petite-fille de vignerons née à Vinsobres est profondément attachée à son terroir qu’elle n’a jamais imaginé délaisser pour d’autres régions vinicoles. Elle, qui a su faire perdurer une tradition familiale, a définitivement ses racines qui courent quelque part dans ce sol calcaire, parmi les vignes. Le domaine du Tave, baptisé ainsi en hommage à son grand-père Gustave qui de son vivant on appelait Le Tave, a vu le jour en 2008. Avec la création d’une cave particulière, Audrey reprend le flambeau de son père tranquillement, hectare après hectare. Le choix d’ouvrir à la vinification, et de pratiquer une agriculture plus respectueuse des sols, laisse entendre qu’elle a bien son mot à dire dans l’appellation du cru qui fait aujourd’hui la renommée du village.

Le nouveau-né, s’il n’est déjà mis au parfum, devra assurément en prendre de la graine. Surtout s’il est au féminin.

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