La lavande au fil des routes

04 JUIL. 2019 Afficher/Masquer la photo


Comment se laisser encore surprendre par cette fleur si photogénique, emblème présente sur toutes les cartes postales de la région ? Pourquoi attire-t-elle autant les touristes ? Chargée de ces propriétés bienfaisantes, la lavande aurait-elle des propriétés apaisantes qui agiraient à sa simple vue ? Voici une hypothèse qui pourrait répondre à la venue de si nombreuses personnes en Provence, et qui nous laisserait dire qu’ici, à n’en pas douter, il fait bon vivre. Respirez profondément, vous êtes au bon endroit, là où Lavandula, la fée lavande, aurait coloré ces terres calcaires et secs de ses larmes.

En dehors de la période de floraison, les champs rectilignes d’un vert tendre jouent de leur charme saisissant, révélant simplement la créativité des agriculteurs qui de leurs sillons dessinent des paysages remarquables. A la façon d’un jardin japonais, le Parc des Baronnies provençales défile sous nos yeux ébahis par tant de beauté et dévoile ses courbes délicates au milieu des roches souvent brutes qui font le caractère de ce lieu.

Le temps d’une promenade bucolique, aventurons-nous au milieu de cette mer houleuse de lavandin odorant. Laissons aller nos sens au bord des routes bleues, et flânons quelques instants au paradis des abeilles qui se délectent de ce trésor olfactif « emportant de leurs pattes le nectar de la vie* ». La lavande sait ici nous ravir par sa luminance chromatique aux reflets surnaturelles, ses effluves enivrantes agissant sur nous telle une madeleine de Proust tant elle s’amuse à raviver de lointains souvenirs de vacances. Et à défaut de madeleine, l’enfant ou le gourmet qui sommeille en chacun de nous ne se lassera pas de découvrir les multiples possibilités culinaires que la minuscule fleur offre en se laissant tenter par une glace du même goût, un voyage pour les sens qui nous emmène jusqu’à la distillerie de Nyons, et qui permettra aux plus curieux de se nourrir intellectuellement sur les diverses transformations possibles de celle qui n’est autre que «l’âme de la Provence**».

*Robert Verran, ** Jean Giono

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