Eau miraculeuse

30 AVR. 2019 Afficher/Masquer la photo


Si Nyons est classée « station climatique » depuis 2009 (pour les maladies respiratoires) et Montbrun-les-Bains est redevenue une station thermale réputée depuis la fin des années 1990 (pour les rhumatismes, les allergies et les maladies respiratoires), les Baronnies provençales recèlent d’autres lieux connus depuis longue date pour soigner.

On le doit d’abord à la qualité de l’air, particulièrement sec dans les Baronnies provençales, mais aussi à certaines caractéristiques des eaux. Comme à Montbrun-les-Bains. En effet, nombre de réseaux d’eaux souterraines traversent des bancs de gypse, situés en sous-sol et se chargent alors en souffre (le gypse est un sulfate de calcium bi-hydraté qui se dissout avec l’eau). Il n’est donc pas étonnant de retrouver un certain nombre d’anciens établissements thermaux le long de montagnes de gypse (appelées diapirs).

À Montbrun-les-Bains, les bancs de gypse sont situés en sous-sol, formant plusieurs montagnes et collines entre Mérindol et Condorcet. Au cours du XIXe siècle, on s’est donc mis à exploiter les sources sulfurées. À Condorcet, l’exploitation a cessé avant la guerre de 1914-1918. Mais, pour relancer son exploitation, certains avaient songés fût un temps à conduire par canalisation les eaux de Condorcet jusqu’à Nyons afin d’y conforter le tourisme. À Propiac, un vaste établissement thermal, qui valorisait les sources du Rieu du Salin reconnues dès 1843, proposa des cures jusqu’aux années 1980. La source alimente encore une usine de mise en bouteilles. Ses eaux sont notamment utilisées pour le traitement du diabète.

Mais en de nombreux endroits, de petites sources sulfurées émergent et ont été utilisées par les habitants des environs, comme la « fontaine noire » de Laborel (dans le ravin des Blaches) ou d’une source, située au nord de Laragne-Montéglin.

Parfois l’église s’en est mêlée en christianisant lieux et pratiques. À Nyons, la source Saint-Boudon, située dans la montagne du Devès et dont les eaux étaient captées et distribuées dans la vieille ville, était réputée bénéfique et utilisée au Moyen-Âge. À l’Épine, la « fontsainte » (repérable grâce à un petit oratoire, Notre-Dame de la Fontsainte) avait la réputation d’être miraculeuse. On l’invoquait en cas de sécheresse. Mais elle était supposée guérir, tant et si bien qu’en 1686, l’évêque de Gap diligenta une enquête sur les miracles attribués à Notre-Dame de Fontsainte, sans toutefois qu’on connaisse le résultat des investigations de l’église. Certains y verront des réminiscences de cultes plus anciens à l’instar de celui pratiqué à la déesse Hygie à Venterol, d’autres la persistance de superstitions obscures.

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