Les sols : notre assurance vie

23 AVR. 2019 Afficher/Masquer la photo


Les sols représentent cette mince pellicule de matière meuble édifiée à la surface de la terre. Ils constituent en fait un épiderme vivant où toute vie commence et finit. Véritable peau de la planète ils se constituent lentement par divers processus d’altération des roches préexistantes (action du climat et des êtres vivants).

Pour les voir inutile d’aller bien loin on les découvre facilement sur le haut des talus des tranchées réalisées pour les nouvelles infrastructures de déplacements (routes, autoroutes, TGV). On les reconnaît par cette succession rapide de couches superposées aux couleurs tranchées. La couche sommitale est souvent plus foncée (couleur brune organique) elle recouvre fréquemment une ou deux couches plus claires (gris-jaune parfois rougeâtre). On passe ainsi de matériaux plus fins en surface à des matériaux plus caillouteux en profondeur. Ces couches qui sont colonisées lentement par les racines des arbres mettent plusieurs centaines et souvent plusieurs milliers d’années à se constituer.

Dans ces sols la vie végétale et animale qui s’y déploie est le gage de leur fertilité. En effet c’est elle qui fabrique les « agrégats » ces petits containers de formes variées riches en humus et argiles (et/ou limons fins) qui sont facilement observables sous la litière d’un sol forestier mais aussi sur une motte de terre en plein champ. On considère que la qualité et la fertilité d’un sol est liée à l’abondance et à la diversité de ces agrégats.

Les sols si lents à se créer mais si faciles à dégrader

Comme toutes les peaux vivantes les sols sont fragiles. Ils peuvent être facilement détruits. Ils ne sont pas renouvelables à l’échelle humaine. Ils doivent donc être protégés. En fait les sols sont dégradés si les fameux agrégats disparaissent. Ceci se produit lorsque par exemple la végétation forestière a été retirée sans précautions sur de larges surfaces mais aussi lorsque l’apport de matières organiques dans les champs est trop faible ou lorsqu’ils sont tassés abusivement par les engins agricoles ou encore pollués par des substances agressives pour les organismes vivants indispensables au bon fonctionnement des sols (en particulier les vers de terre).

Pour comprendre l’impérieuse nécessité de protéger les sols il suffit de savoir que les sols favorables à la culture ne représentent que 22% des terres émergées et qu’annuellement dans le monde 12 à 16 millions d’hectares de sols sont perdus par l’urbanisation et l’érosion sous toutes ses formes. Rappelons que tous les dix ans en France c’est l’équivalent en surface d’un département de bons sols agricoles qui disparaît sous le goudron ou le béton. Aussi devons-nous impérativement arrêter cette hémorragie édaphique car les sols sont l’assurance vie de notre humanité.

Un grand merci à Jean-Jacques BRUN, directeur de recherche émérite Irstea et membre du Conseil Scientifique du Parc pour la rédaction de cet article.

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