La forêt résiliente

28 MAR. 2019 Afficher/Masquer la photo


Les forêts des Baronnies provençales n’ont pas toutes le même âge ni la même origine. On peut voir des forêts artificielles, plantées fin XIX début XXe siècle, des forêts plantées il y a 40 ans, des forêts naturelles suffisamment anciennes pour avoir connues les charbonnières ou encore d’autres toutes jeunes, d’une dizaine d’années.

Malgré cet écart d’âge et d’origine, toutes nos forêts subissent depuis une quinzaine d’années des évènements climatiques marquants. Le plus marquant pour les Baronnies provençales, en tout qu’à celui qui est souvent pris comme référence, est bien sûr la sécheresse de 2003. C’est là que nous avons vu notre nature souffrir pendant plusieurs semaines. Nous l’avons vu sécher, prendre ses couleurs d’automne beaucoup trop tôt dans la saison et nous l’avons aussi vu mourir par endroit alors que rien avant cela ne le laissait présager.

Après 2003, nous nous sommes mis à faire plus attention à cette nature qui nous entoure. Et depuis, nous avons eu l’impression que ces évènements climatiques se répétaient, se diversifiaient et s’amplifiaient. Nous avons observé que nos forêts n’étaient pas seulement soumises à la sécheresse estivale, mais aussi à la sécheresse hivernale. Nous avons également observé des semaines de pluies avec très peu d’interruption et des épisodes venteux de plus en plus violents.

Malgré cela, nos forêts sont encore là et continuent de s’accroître. Mais alors, ces à-coups climatiques ne leur causent aucun mal ? Houla si ! Enormément ! Car en plus de dommages causés par ces évènements (casse, déracinement, mortalité…) qui les stressent, nos forêts doivent également faire face à des ravageurs (insectes et champignons) qui profitent de la faiblesse des arbres pour se développer.

Mais alors comment fait la forêt pour résister malgré cela ? Il y a encore 2 ans nous voyions très peu de versants forestiers entièrement morts. Nous avions l’habitude de voir des arbres individuels voir des groupes de quelques arbres morts, mais rarement plus. Nous avions encore la chance d’avoir une forêt avec une forte résilience. C’est-à-dire une forêt avec une capacité à encaisser les chocs et à s’en remettre extrêmement élevée. Toutefois, nous commençons à voir la limite de cette résilience. En 2018, plusieurs hectares sur Saint Auban sur l’Ouvèze sont morts en quelques semaines. Après examen des arbres morts et il s’est avéré que ces derniers n’avaient pas supporté la sécheresse de 2010 et souffraient depuis cet été-là ! Les arbres n’arrivaient pas à se remettre d’un évènement datant d’il y a 8 ans !

Pour éviter qu’une mortalité aussi importante ne se reproduise et pour tenter d’augmenter la résilience d’une forêt, il y a certaines notions qui peuvent être appliquées. En effet, on ne peut pas empêcher le vent de souffler, ni retenir la pluie et encore moins faire pleuvoir. En tant qu’habitants, nous pouvons seulement agir sur la forêt elle-même. En diversifiant les espèces d’arbres (feuillus, résineux), les âges (jeune, adulte, vieux), la génétique et en conservant une mosaïque de paysage (clairière, forêt fermée), il est possible d’aider l’écosystème forestier à se remettre en marche plus facilement après un évènement climatique. C’est pourquoi, même si après une tempête il y a des arbres déracinés, si la forêt possède de petits arbres, ils prendront rapidement la place de ceux qui sont tombés. Autre exemple, si les résineux dépérissent à cause d’un stress, leur mortalité sera moins grave pour l’écosystème forestier s’ils sont en mélange avec des feuillus.

La mise en place d’une gestion durable des forêts peut aider à développer cette résilience. Si vous souhaitez plus d’information, vous pouvez contacter le CRPF de votre département ou un gestionnaire forestier de votre secteur.

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