Parce qu’une forêt ça se gère ?!

21 MAR. 2019 Afficher/Masquer la photo


Le bois est l’une des matières premières les plus utilisées dans les Baronnies provençales. Cette ressource permet de construire le foyer, de le chauffer, de l’aménager… Avec, on peut aussi construire des abris et des parcs pour nos animaux domestiques. Mais un arbre ne donne pas que du bois. Par exemple, le chêne et le hêtre produisent des fruits qui autrefois servait à l’alimentation des cochons, la feuille du chêne était ramassée verte, puis servait d’alimentation aux chèvres pendant la saison froide…. Il existe une multitude de produits provenant de nos forêts-bois et encore plus que nous avons oublié. Alors, comment faire pour que cette fontaine de jouvence ne se tarisse pas ? Comment gérer mes bois de manière durable ?

Tout d’abord, mettons-nous d’accord sur le vocabulaire employé. Quand parle-t-on de bois ? Et quand parle-t-on de forêt ? La définition d’une forêt considérée comme officielle est celle donnée par l’Inventaire Forestier National (IFN). Elle nous apprend qu’est considéré comme forêt : un territoire occupant une superficie d’au moins 5000 m² avec des arbres capables d’atteindre une hauteur supérieure à cinq mètres à maturité, un couvert arboré de plus de 10 % et une largeur moyenne d’au moins 20 mètres. Les sites momentanément déboisés ou en régénération sont classés comme forêt même si leur couvert est inférieur à 10 % au moment de l’inventaire.

En bref, ce qu’on appelle bois dans les Baronnies provençales c’est en fait une forêt. Une forêt de petite taille, avec des arbres plus ou moins beaux et plus ou moins droits, mais une forêt quand même.

Bien que cette forêt ne soit pas très productive en bois, elle mérité d’être gérée de manière durable, et ce pour plusieurs raisons. Nos forêts retiennent les sols et empêchent les glissements superficiels de terrain. Certaines permettent d’arrêter les pierres qui chutent des falaises et évitent ainsi des dégâts sur nos infrastructures. Et plus « forestièrement » parlant, gérer une forêt de manière durable la rend plus résistante aux maladies et au changement climatique grâce à la mise en place progressive d’un mélange d’essence (feuillue, résineux, arbustes...). Enfin, gérer sa forêt, permet d’améliorer sa qualité marchande et de récolter du bois.

Pour les propriétaires de forêts possédant plus de 25 ha (même éparpillés), il est obligatoire d’avoir un document de gestion durable s’ils souhaitent vendre du bois. Entre 10 et 25 ha, il faut en faire un pour obtenir des aides publiques (subventions, crédit d’impôt, réduction de frais de succession…).

Ce document, appelé Plan Simple de Gestion, comprend :

  • une description de la forêt (commune, parcelles.),
  • une description des types de peuplement (chêne, pin, mélange…) ainsi que des infrastructures,
  • un programme de coupe et de travaux en lien avec les objectifs de gestion du propriétaire (coupe de bois de chauffage personnelle, vente de bois, sylvopastoralisme…) et de la réglementaire en vigueur.
En dessous de 10 ha, le propriétaire peut déposer pour agrément un Code de Bonnes Pratiques Sylvicoles volontaire (CBPS) : un Plan Simple de Gestion très simplifié. Ces documents sont agréés par le Centre Régional de la Propriété Forestière (CRPF) pour 20 ans et valent garantie de gestion durable.

Mais ça, ce ne sont que des documents. Ce qui compte, c’est la manière dont le bois est exploité concrètement dans les forêts. D’après le CRPF, la pérennité de la forêt est assurée si la coupe n’enlève pas plus de 30 % du volume de bois sur pied et on ne recoupe pas au même endroit avant 7 ans (7 à 15 ans en fonction des forêts).

D’après l’association ProSilva, association reconnue d’utilité publique, ce seuil de 30 % pourrait être trop élevé pour les forêts des Baronnies provençales en raison de notre climat et de nos types de sols. Cette association recommande le seuil de 25 % du volume de bois sur pied. Cela correspond, à l’enlèvement d’un arbre sur 4 (arbre moyen représentatif de la forêt). Si on conserve le seuil du CRPF cela correspond à une moyenne entre 1 arbre sur 3 et un arbre sur 4.

Et c’est tout ! Au-delà, vous devrez non seulement attendre plus longtemps pour revenir couper du bois, mais en plus vous n’améliorez pas la qualité marchande de vos arbres et la pérennité de votre forêt peut être mise en péril. Des dessèchements de têtes sont fréquemment observés sur des chênes après une coupe de bois trop forte. Idem, prélever trop de bois peut avoir un impact sur la résilience aux maladies et aux événements climatiques de votre bien forestier.

Le nombre de Plan Simple de Gestion est en augmentation dans le Parc depuis la mise en place de la Charte Forestière de Territoire. Si vous souhaitez plus d’informations, vous pouvez contacter le CRPF de votre département ou un gestionnaire forestier de votre secteur.

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