Les murs de soutènement en pierre sèche, une alternative durable pour les usages d’aujourd’hui?

08 JUIN 2016 Afficher/Masquer la photo


Le Parc naturel régional des Baronnies provençales et la Fédération nationale des professionnels de la pierre sèche organisent, à Villeperdrix, une formation concernant « les murs de soutènement en pierre sèche, une alternative durable pour les usages d’aujourd’hui ? » Cette formation est ouverte aux professionnels de la pierre sèche et aux prescripteurs (Départements, architectes, Parcs naturels régionaux et Parcs nationaux) afin de les familiariser aux enjeux et à l’intérêt de recourir à la technique de la pierre sèche dans les travaux publics (chemins, bords de route, etc.). Elle fait suite à une série d’études et de thèses de doctorat.

L’intérêt du Parc pour les patrimoines en pierre sèche correspond à un enjeu patrimonial réel. Les constructions et ouvrages en pierre sèche sont relativement nombreux, depuis la cabane jusqu’à la bergerie, en passant par des ouvrages d’art (soutènement de routes du XIXe siècle) ou par l’aménagement de secteurs agricoles par des terrasses de culture (Châteauneuf-de-Bordette, Rochebrune, Villeperdrix, etc.).

La géologie du territoire a permis une grande diversité de formes grâce à des calcaires qui se débitent en lames plus en moins fines (calcaire du l’urgonien dans les secteurs Ventoux-Albion-Lure ; calcaire du Miocène) ou en blocs plus ou moins réguliers (majorité des calcaires du Jurassique et du Crétacé). Ces constructions sont généralement discrètes, mais présentes sur tout le territoire. Elles témoignent de formes de valorisation et d’occupation du territoire à un moment où la population était nettement plus nombreuse (maximum démographique au cours des années 1830-1850).

Les patrimoines de la pierre sèche ont donc naturellement été pointés comme enjeu patrimonial pour le Parc dans le cadre de sa Charte (mesure 1-4-2). C’est pourquoi le Parc a conduit puis accompagné plusieurs sessions de formation autour des techniques de la pierre sèche dans le cadre d’un chantier-école mené à Châteauneuf-de-Bordette (Espace Naturel Sensible des Perdigons). Il a également accompagné un stage de Master 2 autour de la réhabilitation des terrasses de culture de Villeperdrix. Cette nouvelle formation vient conforter cet engagement. Elle doit aussi être l’occasion de partager avec un certain nombre d’acteurs locaux (qui participeront à la formation) un regard commun sur les patrimoines de la pierre sèche, à commencer par les patrimoines des routes et des chemins.

Le programme de la formation porte sur les murs de soutènement en pierre sèche. Son but ? Donner à des techniciens de Parc, de collectivités locales, à des architectes, etc. un certain nombre de connaissances pour mieux comprendre les spécificités de comportement de ce type d’ouvrage afin de les inciter à prescrire des réparations et constructions de murs de soutènement en pierre sèche. La formation est assurée par des membres de la Fédération nationale des professionnels de la pierre sèche, scientifiques qui ont pu assurer des thèses de doctorat sur la pierre sèche, notamment dans le cadre de l’école nationale des Ponts et Chaussées de Paris ou de l’École Centrale de Lyon.

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